Je mets les pieds dans le plat(eau de fromage) directement : en France, on mange trop de fromage. On est les champions du monde de la consommation de fromage avec 26 kg/an par habitant ! Et ne me dites pas « blah blah, c’est français, c’est le terroir, la tradition, toussa toussa ».
Au XVIIIe siècle, la consommation moyenne des Parisiens était d’environ 3 kg/an de fromage, soit 50 à 60 g par semaine — 2 à 3 morceaux de fromage par semaine !
On a donc multiplié par neuf la quantité de fromage avalée chaque année depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi, à votre avis ? Pour soutenir la production de lait dans notre pays, pardi !
Et ce n’est pas QUE du fromage de qualité. Le fromage est désormais partout, tout le temps : dans les biscuits apéro, dans la croûte des pizzas, dans les salades, dans les nuggets, dans tout !
Les recommandations santé pour le fromage oscillent autour de 30 g/jour. Or les Français en consomment 68 g/jour, soit 478 g par semaine. C’est plus de deux fois trop.
En réalité, on s’est fait embobiner avec le fromage, et c’est de cela dont il faut parler. Oui, le fromage, c’est OK : une petite portion, c’est bon, c’est terroir, c’est du calcium — avec parcimonie.
Mais non, le fromage n’est pas équilibré partout, tout le temps. Stop au fromage râpé sur tout, stop aux biscuits au fromage, stop à la mozzarella et à la fêta partout. Et n’avancez pas l’argument du calcium : les sources de calcium sont aussi végétales — amandes, noix variées, légumes verts, soja, viande et poisson. Le fromage est « riche en calcium » pour 100 g, certes. Mais qui va manger 100 g de fromage par jour ? Pas vous, j’espère, car c’est beaucoup trop gras et trop salé. 30 g de fromage apportent autant de calcium que 200 g de légumes verts — et le calcium des légumes est très bien absorbé.
Un récit marketing délétère
Pourquoi vous dis-je cela ? Pas pour embêter les producteurs — je suis petite-fille d’agriculteurs franc-comtois, j’en sais quelque chose. Mais pour préserver la santé des consommateurs, le bien-être des animaux et celui de la planète : il faut que l’on diminue notre consommation de fromage. Et surtout, il faut prendre conscience du récit totalement faux que l’on nous sert dans les publicités. Le fromage partout, ce ne sont pas de belles vaches dans une prairie verte et des alpages bucoliques. Le fromage dans tous nos plats — des biscuits apéro aux mozzarella sticks en passant par les croûtes de pizza coulantes — vient d’élevages intensifs où les vaches sont poussées à leur maximum, nourries aux tourteaux de soja importés, avec une consommation d’eau colossale.
Déséquilibres et cholestérol
70 g de fromage par jour, c’est un désastre pour l’équilibre en graisses dans notre corps. Le fromage est un produit laitier concentré : l’eau s’est évaporée et les graisses se sont accumulées. Ces graisses animales sont néfastes pour l’organisme et entrent en compétition avec les bonnes huiles riches en oméga-3. Résultat : plus de cholestérol, plus d’inflammation, plus de risques cardiovasculaires à long terme.
Moins de fromage, mieux de fromage.
Un bon comté ou un morbier, 30 g par jour maximum, c’est OK. Un bon fromage de chèvre artisanal, oui — un peu. 200 g par semaine et par personne, maximum.
Cela permet des animaux élevés dans de meilleures conditions et des agriculteurs plus sereins. On mange donc un peu de fromage, de très bonne qualité, et on arrête de le mettre partout à toutes les sauces !

Qu’est-ce que je mets dans mes pâtes à part du fromage ?
De la tapenade — c’est excellent et riche en graisses de qualité. Ou un mélange de graines de lin moulues, de graines de sésame et de graines de courge, avec du sel et du poivre.
Qu’est-ce que je mange en « pré-dîner » à la place du pain-fromage ?
Déjà, le « pré-dîner », c’est de trop. Mais bon, si vous insistez : direction le houmous. Salé, gras, tartinable. Vous pouvez varier les recettes avec plus ou moins de sel, des herbes aromatiques. Vous pouvez aussi remplacer les pois chiches par des noix de cajou trempées — vous obtenez une sorte de fromage frais type boursin, c’est très sympa.
Pour les gratins ?
30 g de fromage râpé de qualité par personne sur le gratin. Si vous êtes quatre, cela fait 120 g — déjà pas mal, mais pas énorme. On complète avec une béchamel maison bien relevée, des olives concassées, des graines de tournesol, de courge, des oignons frits.
Dans les salades ?
On peut très facilement remplacer le petit goût salé et gras du fromage par des lardons végétaux, du tofu fumé grillé, ou des noix de cajou grillées au poivre ou au cumin.

Ce billet de blog n’est pas là pour vous frustrer, mais pour vous donner des idées. On nous donne beaucoup trop l’impression que le fromage partout est OK et « ne fait aucun mal » à nos corps ni à nos silhouettes. Moi, j’aime dire la vérité : énormément de produits de grande consommation nous ont été imposés pour favoriser un marché, pas notre santé. Il faut en prendre conscience et se révolter contre ça.
On ne peut pas faire les bons choix si on n’est pas bien informés. C’est une urgence.