Le muscle est féministe

Ces dernières semaines avec Noël et le nouvel an j’ai pas mal échangé avec mes amies, mes soeurs, mes cousines… On s’appelle, on se voit, on se donne des nouvelles. Et je peux vous dire qu’après 40-45 ans, les femmes souffrent énormément. Et ça m’affecte vraiment. Voici la lettre que j’avais envie d’écrire à vous toutes, à nous toutes.

À nous, les femmes de 40, 45 ans et plus, on ne nous avait pas prévenues. Personne ne nous avait dit que, après les nuits blanches à allaiter, les règles douloureuses, les enfants à gérer, le travail à assurer, viendrait ce moment : l’engourdissement. Une fatigue qui s’installe, sournoise, tenace. Des douleurs qui apparaissent sans raison. Un cerveau qui semble moins vif, moins rapide. Des licenciements, des remises en question, et cette petite voix qui murmure : « C’est normal, tu vieillis, fais avec. »

NON.

Non, nous ne devons pas accepter ça. Non, ce n’est pas une fatalité. Ce n’est pas un combat contre les jeunes, ni contre le temps. C’est un réveil. Un sursaut. Parce que vieillir, oui, c’est inévitable. Mais vieillir fatiguée, en perdant notre force, notre voix, notre place ? Ça, c’est un choix. Et nous pouvons, nous devons choisir autre chose.

3

Le vrai coupable ? La fonte musculaire. Dès 35-40 ans, nos muscles commencent à fondre. Silencieusement. Et avec eux, notre énergie, notre clarté d’esprit, notre résistance. Le muscle n’est pas qu’une question d’esthétique, ce n’est pas QUE pour faire joli dans le jeans serrés. Les muscles sont un organe à part entière de l’être humain. Un organe vital. Ils dialoguent avec le cerveau, renforcent les os, régulent le sucre dans le sang, nettoient les artères. Ils produisent même des hormones bénéfiques, les myokines, qui prennent le relais des œstrogènes et de la progestérone en déclin.

Mais pour ça, il faut les travailler. Vraiment.

Pas juste marcher, nager doucement, ou faire quelques étirements. J’adore le yoga et le tai-chi, j’en pratique 1 ou 2 fois par semaine 30 minutes le dimanche. Ça fait du bien. Mais pas QUE.

Il faut soulever, pousser, tirer, résister. Il faut suer, sentir ses cuisses brûler, ses bras trembler. Parce que c’est comme ça qu’on se redonne du pouvoir. Des biceps apparents, des cuisses solides, des pompes maîtrisées : ce n’est pas de la vanité, c’est de la résistance.


Le muscle, c’est notre arme. Contre la fatigue, contre les douleurs permanentes. Contre les maladies cardiovasculaires (premier tueur des femmes, bien plus que le cancer du sein). Contre Alzheimer (2 malades d’Alzheimer sur 3 sont des femmes, vous saviez ?). Contre la perte d’autonomie. Contre l’invisibilité.

On va toutes vivre 80, 90 ans. La question n’est pas si, mais comment. Parce que c’est cela la médecine aujourd’hui : vous maintenir en vie coûte que coûte, peu importe les conditions de santé que vous avez. La médecine quotidienne ne vous tient pas en parfaite santé. Mais vous empêche de mourir jeune. Avec quelles forces ? Avec quelle liberté ? Avec quel plaisir ?

Alors oui, la charge mentale est lourde. Oui, le temps manque. Oui, c’est plus facile de s’affaler devant une série avec un paquet de chips. Mais la facilité a un prix : des décennies de souffrance évitable.

5

Alors, on fait quoi ?

On se muscle. Vraiment. On intègre la musculation, le cardio intense, la créatine en plus. On se donne les moyens de rester fortes, mobiles, indépendantes. On refuse de devenir les ombres de nous-même.

Parce que des femmes qui se tiennent droites, qui montent les escaliers sans s’essouffler, qui soulèvent leurs courses sans grimacer, qui dorment mieux et réfléchissent plus vite… ce sont des femmes qui continuent à compter. À exister. À choisir.

Le muscle, c’est le nouveau féminisme. Pas celui des discours, mais celui des actes. Celui qui nous permettra de porter nos valises, nos projets, nos rêves – sans demander la permission.


Alors, sommes nous prêtes à nous battre ? Pas contre les autres. Pour nous-même.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *