Cet article m’est inspiré par l’une d’entre vous, rencontrée lors de la run class que j’ai animée au festival BE.FIT à Aix-les-Bains il y a deux semaines. Après avoir donné tous mes conseils, à la fin, une participante vient me voir et me demande texto : « Mais Lucile, tu nous as conseillé de courir moins pour appliquer la technique ces 2-3 prochaines semaines. Comment je dois faire demain, parce que j’ai 1h38 à courir ? »
Et là je la regarde, je m’arrête. « 1h38 ? Comment ça 1h38 ? C’est n’importe quoi ! » Elle me répond que c’est très sérieux, que c’est « son coach qui lui a donné ce programme ».
Non mais, franchement ?! Est-ce qu’un coach donne vraiment 1h38 à courir à quelqu’un ? Je ne peux pas le croire. C’est un coach IA, c’est pas possible !
Bon, je plaisante un peu avec elle, et je lui dis que 1h38, en fait, c’est entre 1h30 et 1h45. Elle me regarde un peu paniquée. Je sens que ça doit être trop dur pour elle de sortir du cadre. Je lui conseille de courir 1h30 max en alternant marche et course avec la bonne technique. Marcher dès que c’est trop essoufflant. Le temps qu’en 3-4 semaines, le cerveau et le cardio se calment avec le mouvement légèrement modifié.
Elle me remercie en souriant et repart. Je sais qu’elle n’est pas convaincue et je sens bien qu’elle ne va pas appliquer mes conseils.
Nous ne sommes pas des sportifs de haut niveau
Bref, cette anecdote pour vous conseiller de lâcher un peu prise. Nous ne sommes pas des sportifs de haut niveau. Je m’inclus dedans. Il n’y a qu’une centaine de sportifs de haut niveau en France. Si vous lisez cet article de blog, le sport performance n’est pas votre source de revenu principale. Donc on se détend et on reprend son souffle : nous parlons de pratique PLAISIR, de passion peut-être, de passe-temps favori… pas d’un sacerdoce.
Ok, vous avez envie de vous améliorer, je comprends. Mais diminuer les entraînements 3-4 semaines ne va rien faire ! Je pense que vous suivez aussi beaucoup trop de sportifs de haut niveau, et que vous comparez beaucoup trop vos rythmes d’entraînement aux leurs.
Ce que je regarde chez les champions, et ce que je ne regarde jamais
Perso, je ne m’inspire d’aucun plan d’entraînement d’aucun sportif de haut niveau. À la rigueur je regarde leur geste, leur technique de nage, leur position en courant, leur renforcement musculaire, la décontraction de leur visage dans l’effort. Mais jamais je ne regarde :
- Leur chrono. Ou alors j’essaie de faire un peu moins que le double de leur temps.
- Leur rythme d’entraînement. Aucune possibilité de comparer, puisque c’est leur travail à plein temps.
- Leur alimentation. Impossible de comparer aussi, puisqu’ils s’entraînent 10 à 20 fois par semaine.
Le surentraînement n’est plus réservé aux pros
Suite à cette conversation, avec d’autres coachs, on échangeait sur le glissement de beaucoup de nos clients vers la limite du surentraînement. Comme s’il n’y avait plus de juste milieu. Soit tu fais pas de sport. Soit tu t’entraînes comme un champion du monde. STOP ! On se calme.
Le sport, c’est pour se faire du bien, pour déconnecter, pour penser à autre chose. Pas pour s’imposer une couche de millefeuille supplémentaire à sa vie déjà super chargée. Donc oui, peut-être s’améliorer ou préparer un défi sportif, mais dans l’optique de profiter de la vie. De s’amuser, de voir du pays…
On peut aimer cuisiner sans se transformer en Top Chef. On peut aimer jouer du piano sans devenir le nouveau grand maestro. On peut aimer le sport sans s’approcher des records mondiaux.
La passion s’arrête là où le stress prend le dessus
Oui, on peut s’améliorer. Stop à la recherche du toujours plus, toujours mieux que les autres.
Et je m’inclus encore une fois dedans. Toujours bien se rappeler que nous ne sommes pas sur terre pour être les meilleurs partout. Déjà dans un domaine, c’est bien suffisant. On n’est pas les meilleurs pâtissiers ET les meilleurs coureurs ET les meilleurs guitaristes ET les meilleurs psychologues. Une petite pincée de tout, beaucoup d’autre chose, et une grande maîtrise sur peut-être un ou deux sujets.
Le lâcher-prise, ça se pratique partout
Perso, je suis passionnée de street art, de décoration d’intérieur, de mode, de lecture, d’éducation des enfants. Sans jamais chercher à être la meilleure dans aucun domaine. Juste profiter de ces thématiques qui m’inspirent et m’évadent. Je ne cherche pas à avoir LA meilleure fringue par rapport aux autres. Mais celle qui me correspond sur le moment et qui rentre dans mon budget, dans mes besoins pro, dans mon temps imparti.
Je prends parfois les services d’une experte en décoration, d’une styliste, j’achète des bouquins, je me renseigne sur les lectures qui pourraient me faire avancer. Mais je ne me mets pas de pression si je ne finis pas un livre, si ma déco n’est pas exactement parfaite tout de suite ou si mes enfants font une crise de nerfs. Je ne suis pas professionnelle de ces domaines.
Ce week-end : un verre de vin, une marche, des frites
Bref, un article court d’inspiration personnelle, pour vous conseiller de lâcher prise un peu sur le sport, le bien manger, le healthy.
Buvez un verre de vin, marchez au lieu de courir, commandez une portion de frites, prenez-vous un jour 100 % off de toutes vos passions, juste pour voir ! Revenez à la pratique plaisir, d’expérience, d’évasion.
Questions fréquentes
Réduire l’entraînement pendant 3 ou 4 semaines fait-il perdre ses acquis ?
Non. Diminuer les entraînements pendant 3-4 semaines ne va rien faire à votre niveau. C’est justement le temps qu’il faut au cerveau et au cardio pour se caler sur un geste légèrement modifié. Si vous n’êtes pas sportif de haut niveau, et c’est le cas de presque tout le monde, vous n’avez rien à perdre.
Faut-il s’inspirer des plans d’entraînement des sportifs de haut niveau ?
Non. Leur rythme d’entraînement est leur travail à plein temps, leur alimentation suit 10 à 20 séances par semaine, et leur chrono n’a aucun sens pour nous. Ce qu’on peut leur emprunter, c’est le geste : la technique de nage, la position en courant, le renforcement, la décontraction du visage dans l’effort.
Comment gérer une sortie longue quand on change sa technique de course ?
Plafonnez à 1h30, en alternant marche et course avec la nouvelle technique, et marchez dès que ça devient trop essoufflant. Un plan qui dit 1h38 veut dire entre 1h30 et 1h45, pas 1h38 à la minute près. En 3-4 semaines, le mouvement devient naturel et le cardio suit.




