C’est presque l’été et avec la saison, l’arrivée de toutes sortes d’injonction à mincir du ventre, des jambes, des bras, des fesses… Mais aussi de s’assumer, body positive, porte le short, sois belle comme tu es… Avec un soupçon de pas trop de rides, vieillir tonique, courir un marathon…
Piochez dans le buffet !!
À bientôt 45 ans, je me demande quand est-ce que ça va finir tout ça ? Je pense que ça ne finira jamais en fait. Perso j’ai plongé dans la recherche de la minceur à tout prix vers l’âge de 17-18 ans. J’ai frôlé l’anorexie à coup de laxatifs, running et fibres à outrance. Puis j’ai été sauvée par ma 1ère grossesse en 2010, quand j’ai décidé de faire confiance à mon corps qui savait. Depuis : je survole les injonctions au corps sans jamais en suivre aucune. Mais j’ai quand même mis le doigt dans le workaholism – ou l’addiction au travail – pareil en suivant la tendance du “tout réussir à tout prix quand on est une femme”. Une autre forme d’injonction, qui m’a valu tout un tas de problèmes de santé comme les insomnies et une maladie auto immune. Assiette remplie !!
J’ai pourtant cru qu’on allait s’en sortir il y a 5 ans, avec la montée du body positif, des campagnes d’informations sur l’obésité et le surpoids qui sont des maladies chroniques liées à notre environnement et notre style de vie. Avec les mannequins de toutes tailles, et de toutes couleurs de peau. Mais j’ai l’impression que ça revient comme un boomerang avec en plus l’obligation d’être presque un sportif de haut niveau pour la cerise sur le gâteau. Indigestion !!
J’essaie de tout faire pour ne pas rentrer dedans, alors que je travaille dans ce milieu. C’est super dur j’ai l’impression de marcher sur un fil de funambule chaque jour.
Parce que j’ai envie d’être en forme, longtemps, de continuer à aimer mes sports et mon métier. De vous guider et de vous conseiller sur ce chemin de vie que je pense très agréable et satisfaisant. Et je ne souhaite pas devenir le modèle intouchable qui angoisse et stresse une population entière.
Comment faire ? Pour moi, mais aussi pour vous ? Comment savoir si on suit ce mode de vie pour répondre à un besoin sociétal ou pour soi ? Est-ce qu’on est vraiment en libre arbitre ?
1/ Je vous conseille d’abord de pratiquer votre sport pendant 2 semaines sans montre connectée.
En réalité cela concerne surtout les coureurs à pieds ou les cyclistes. Car j’en parlais avec notre caméraman il y a quelques jours, Matthieu qui joue énormément au tennis depuis très longtemps. Et lui m’explique que dans ce sport il n’y a aucune comparaison avec les autres, aucune statistiques hebdomadaires, rien qui puisse nous sentir plus ou moins fort que les autres à part des matchs de temps en temps. Et encore, les matchs c’est surtout pour le plaisir.
Pareil pour le surf, la danse, l’escalade, l’équitation, même la natation : on ne compare pas son kilométrage par rapport aux pros, on ne compare pas les entrainements entre nous, nos temps, nos chorégraphies, nos vagues… c’est juste pour le fun et le sentiment de progresser pour soi. Essayer le sport sans matériel connecté au moins 2 semaines. Si au bout de 2 semaines sans connexion et sans comparaison : vous avez toujours autant envie de le pratiquer. C’est top !
2 / Quoique vous fassiez ça n’ira jamais ! Et c’est certainement le plus dur à assumer.
Je reprends l’exemple de mes deux grossesses. J’ai trouvé que c’était une période où les injonctions étaient terribles. Il faut grossir, mais pas trop.
Et puis quand on vieillit il faut prendre des rides mais pas trop. Montrer ses cheveux blancs, mais quand même pas trop. Continuer de faire du sport mais pas obsédée non plus…
Beh si en fait, si on a envie d’être à fond sur un projet laissez-nous. Si on a envie de se teindre les cheveux laissez-nous. Si on a envie d’être super musclées : laissez-nous. De toutes façons il faut comprendre qu’on ne correspondra jamais au modèle, car justement le modèle est fait pour changer et nous faire sentir que l’on doit toujours se changer et donc payer plein de trucs.
L’exemple le plus frappant c’est quand même les Kardashian. Énormes seins silliconés, puis énormes fesses, puis enlever tous ces implants 7 ans plus tard pour promouvoir une silhouette fine et “naturelle”… Et maintenant le détournement des médicaments anti-obésité pour la mode squelettique… Je rêve…
Enfin prenons du recul : c’est ridicule !!
3 / La confiance en vous ne fait pas vendre ! Elle est très néfaste pour l’économie mondiale
Porter le même jean pendant 8 ans, aller chez le coiffeur 1 à 2 fois par an, avoir un coeur en pleine forme à 75 ans : c’est une mauvaise idée pour soutenir l’économie telle qu’elle vit aujourd’hui. Vous n’engraissez pas l’industrie de la mode, des cosmétiques, de l’industrie pharmaceutique.
Donc le marketing de grande masse essaiera toujours de vous ramener vers un idéal cher et inaccessible. Ressassez-vous encore et encore ce mantra !! “La confiance en moi ne fait pas tourner l’économie mondiale”.
4 / Trouvez le sport plaisir : celui qui vous manque
Combien de femmes se lèvent et font 10 min d’abdos le matin au saut du lit ? Juste pour interroger : plaisir d’être en forme, lavage de cerveau ou sacerdoce ? Combien de fois faudra-t-il le répéter : le sport ne fait pas mincir. Et le renforcement d’une seule zone ne modifie pas la répartitions des masses de votre corps. C’est un ensemble complexe : sport + alliance de cardio et de renfo + alimentation équilibrée sur le long terme + sommeil + confiance en soi générale = qui marche !!
Le sport doit avant tout être un plaisir : donc trouvez l’activité qui vous plait. Pas celui qui est à la mode ou qui coûte cher. Par exemple perso je ne suis pas du tout attirée par l’hyrox par exemple qui est le sport super à la mode du moment. Mais je suis très attirée par les sports d’extérieurs, d’aventure comme le swimrun, la nage en eau libre ou le trail en forêt. Qui sont à la mode aussi pour le coup. Et vraiment je le fais pour moi, pour mon plaisir, comme pour ma récompense de tous mes entrainements de l’année.
Le sport plaisir est le sport qui vous manque après 5 – 10 jours sans l’avoir pratiqué. Pour moi : nager, courir, surfer, skier, danser, m’étirer. Et vous ?
Ce que je voudrai vous dire en conclusion, après 20 ans dans les métiers de la forme et une expertise sur la forme de la femme : c’est que jamais vous ne serez parfaite et votre rapport à votre corps sera toujours une parfaite cible marketing. Vous n’êtes pas le problème : le système en place est problématique. Soyez forte cet été pour ne pas tomber dans la peur de vous mettre en maillot de bain, d’enfiler un short ou un débardeur.
Et arrêtez d’être à 4kg du bonheur. -4kg sur la balance n’apporteront jamais le bonheur. En revanche : le bonheur d’avoir confiance en soit fait souvent perdre 4kg.
Bel été, en forme !