Alors que les ré-inscriptions pour les associations sportives battent leur plein, vos enfants vous ont peut être demandé à arrêter le sport qu’ils pratiquaient cette année ? Ou au contraire, vous ont demandé d’en faire plus d’heures, ou de s’inscrire à un autre sport en plus, ou d’essayer encore quelque chose de nouveau ?
Toutes mes recherches / lectures récentes quand à la force mentale parlent presque toujours de l’importance de l’éducation et du rôle des parents quand à la résilience des futurs adultes. Dans les deux sens. C’est à dire qu’un parent ultra impliqué peut tout à la fois rendre un enfant plus fort physiquement et mentalement, ou au contraire le casser dans sa progression. De même que des parents absents peuvent jouer un rôle moteur pour un enfant qui aurait déjà de la force mentale en lui, ou au contraire : diminuer d’autant plus sa confiance en lui.
Avant 8 ans : le sport « pratique »
Si vous en êtes au tout début : c’est à dire que ce sont les 1er inscriptions pour un enfant de 5-7 ans, mon conseil c’est d’aller au plus pratique. Inscrivez votre enfant à un sport pas trop loin de chez vous, et à un sport qui vous plait à vous en tant que parent. Pourquoi ?
- parce que ce sera facile de l’emmener
- Parce que vous aurez envie de l’emmener.
Ces deux facteurs très simples orientent l’enfant vers une pratique régulière et plaisante. Les enfants ont surtout besoin de voir que leurs parents approuvent leurs efforts physiques, qu’ils prennent du plaisir à les regarder et qu’ils s’intéressent au sport en lui-même.
Donc si votre enfant a moins de 8 ans, et qu’il veut faire du karaté alors que c’est méga loin et que vous n’aimez pas du tout les arts martiaux … Orientez le vers un sport proposé dans votre quartier et que vous aimez pratiquer. Il est de très grande probabilité pour que votre petit enfant au final adore ce sport que vous lui « forcez » parce qu’il partage avec vous ce moment en plus dans sa vie.
Autre information très importante à retenir : si vous souhaitez que vos enfants soient sportifs, cela vous demandera ÉNORMÉMENT de temps !! Parce que vous devrez les emmener à l’entraînement, les regarder assez souvent, les emmener au match / competition / tournoi / gala / tests … Si vous ne le faites pas : ça ne marchera pas. Si vous vous plaignez souvent des matchs de foot le samedi matin à perpèt les oies, si vous n’allez jamais voir votre enfant s’entraîner, si vous n’assistez à aucune de ses représentations : votre enfant voudra très probablement arrêter avant la fin de l’année.
Alors oui je sais, ça n’est pas simple et cela demande de s’organiser à mort. Horaires de travail, se lever le week-end, covoiturage avec d’autres parents … je pense d’ailleurs qu’il y a un énorme sujet là-dessus en France. C’est très difficile d’être employé et d’emmener ses enfants à 18h au judo. Certaines villes et associations emmènent les enfants vers les lieux sportifs après l’école, mais ça reste trop rare, trop au cas par cas. Il est vraiment nécessaire que les mairies et les associations travaillent mieux ensemble, au primaire notamment.
Ne résistez pas au sport choisi
En revanche, si votre enfant grandissant réclame toujours un autre sport – que vous n’aimez pas trop : arrêtez de résister !! Si vous n’aimez pas le rugby mais que votre enfant vous réclame toujours le rugby 2 ans plus tard : inscrivez le au rugby et soutenez le !! Votre enfant fait preuve de persistance dans sa passion : c’est une chance et une démonstration de force mentale, encouragez le, et mettez vos principes aux oubliettes. Tous les sports sont bien. Le foot, le rugby, la boxe, le tennis, la gym … il n’y a pas un sport mieux qu’un autre. Le meilleur sport, c’est le sport que votre enfant a envie de pratiquer !
Nous l’avons vraiment vécu avec notre fille, qui voulait absolument faire de la natation synchronisée. Alors que nous souhaitions qu’elle continue une 2e année de natation, elle nous a vraiment demandé de découvrir la natation artistique, alors que nous avions (mon mari et moi) de gros apriori sur cette discipline sportive. Au final, nous lui avons fait confiance, et à 8 ans elle a démarré la synchro. Je me suis forcée au début à découvrir ce sport, à aller voir des compétitions avec elle, à regarder des vidéos … Au final elle adore tellement que nous aussi, et nous sommes super fiers de l’accompagner dans ce sport fabuleux qu’elle nous a fait découvrir.
Idéalement 2 sports au début
Quand vos enfants sont encore petits, l’idéal est de leur faire pratiquer plusieurs sports différents, pour développer un maximum de capacités physiques variées. Par exemple : un sport collectif de balle, et un sport individuel d’adresse. (Foot et equitation par exemple. Ou handball et tennis. Ou natation et hockey sur gazon…) Idéalement : un de ces sports se pratique dehors. La lumière du jour est vraiment très importante, et les enfants sont beaucoup trop en intérieur, surtout l’hiver. Le foot, le rugby, l’athlétisme, l’équitation : ont vraiment un avantage d’être pratiqués dehors. N’importe quel sport extérieur est vraiment à privilégier. Il y en a des dizaines !

Quand les spécialiser ?
Je sais que dès qu’un enfant est assez fort dans son sport, on a vite tendance en tant que parent à les imaginer sur le podium des championnats de France, et à les pousser à bloc pour être meilleurs. Oui, c’est un super état d’esprit MAIS, toutes les recherches en la matière montrent que les sportifs de niveau national et international se spécialisent TARD. À savoir après leur puberté. (Sauf pour la gymnastique qui favorise une spécialisation très jeune). En effet il est très fréquent que des enfants développent des capacités physiques tôt, parce qu’ils ont une croissance ou une puberté précoce. Leur masse musculaire et leur force physique se développant donc plus tôt que leurs camarades. Mais après la puberté de tous les enfants terminée, il y a très souvent des retournements de situation, ou des enfants moyens dans leur sport détrônent totalement à 16 ans ceux qui cumulaient les podium en minimes ou cadet.
Aussi, mon conseil c’est d’être patient, en incitant vos enfants à se frotter un peu à la compétition, tout en privilégiant le geste technique. C’est-à-dire : inciter votre enfant à jouer aux matchs de foot, à s’aligner aux compètes de natation, tournoi de tennis … Sans leur demander trop de résultat mais plutôt analyser leur geste techniques : passe, accélération, placement, qualité de bras, finesse du revers … Vous voyez ? Et s’ils sont bons : tant mieux. Continuez à leur faire pratiquer d’autres sports à côté et n’ envisagez la spécialisation qu’à partir de 14 – 15 ans. C’est bien assez tôt ! (Oui même en foot !!!)
L’attitude des parents et des coachs enfin, est absolument primordiale. Et vous avez un double rôle à jouer. Vous devez faire confiance à l’entraîneur. On a vraiment de la chance en France avec les associations sportives qui nous permettent d’avoir des vrais professionnels formés qui s’occupent du sport de nos enfants. Dans d’autres pays européens (Irlande, Angleterre par exemple) il est très fréquent que ce soient des parents bénévoles qui s’occupent des enfants dans les 1er années de pratique sportive. Une grosse erreur à mon avis, puisqu’ils n’ont pas de formation à la psychologie du sport et de la motivation, et peuvent – sans le vouloir- facilement dégoûter des enfants.
Donc faites confiance à l’entraîneur oui, mais si vous sentez que votre enfant n’est pas motivé : parlez à cet entraîneur. Pourquoi mon fils qui adorait le handball, a soudainement envie de tout arrêter. Que s’est-il passé ? Un match, un copain, une ambiance à déplorer ? Pourquoi ma fille a mal au ventre avant ses entraînements de natation 1 soir sur 2 ? Est-ce que les chronos sont trop durs à respecter, une compétition de trop, une salle ambiance dans les vestiaires ?
Encore une fois : cela vous demandera de la présence, de l’attention, un lien régulier avec les entraîneurs. Assurez vous que votre enfant prend du plaisir, s’amuse, et apprend des choses nouvelles dans son sport, qu’il peut prendre aussi des décisions. Parfois ils peuvent choisir l’atelier sur lequel travailler sur la séance, parfois un enfant invente une nouvelle règle du jeu pour tester, parfois c’est la déconnade et on joue au foot à reculons… LE JEU, la bonne ambiance, la progression forment le triangle de base de la motivation.
Loisir ou compétition ?
Un peu de deux ! Vous augmenterez la force mentale de votre enfant en le forçant à s’aligner à un match un samedi matin même s’il pleut ou qu’il n’a pas envie. Vous lui demanderez de faire de son mieux et le féliciterez d’avoir participé à la fin. La reconnaissance qu’un enfant reçoit de son parent ou de son coach après un effort difficile est fondamentale. Votre rôle n’est pas de lui dire de gagner ou qu’il a mal joué. Mais d’être là pour le regarder, d’être fier de votre enfant et de l’aimer dans sa pratique du sport.
Si votre enfant n’a vraiment pas envie de faire de la compétition : poussez le quand-même, au début. Pour les mêmes raisons. Encouragez ses progrès et sa ténacité.
En revanche s’il pleure régulièrement, si ça se passe vraiment mal : parlez en à l’entraîneur, envisagez un autre sport. Mais poussez le à faire du sport quoiqu’il.
Oui, je suis désolée de le dire, mais il faut pousser ses enfants régulièrement à faire leur sport. Parce que même s’ils aiment, il est fort possible qu’un jeudi soir à 18h, alors qu’il fait froid et nuit, votre petit chéri vous demande à rester à la maison. C’est non. Il y va. Il est malade ? Sauf fièvre ou énorme toux : il y va. Il se sentira mieux après son sport, même s’il fait une séance plus cool, et qu’il l’explique à son entraîneur.
Et si votre enfant au contraire a envie de faire plus, de s’engager plus à fond dans son sport: dites oui. Et trouvez l’organisation qui va avec. C’est tellement rare des enfants qui se passionnent pour quelque chose. Vous avez vraiment un rôle moteur pour lui insuffler d’aller en direction de ses passions. Même si ce n’est pas votre truc. Votre enfant adore la planche à voile alors que vous détestez le vent ? Il voudrait s’entraîner tous les jours, faire sport étude, et se donner à fond ? Alors qu’il est bon en français et en histoire géo et que vous le verrez mieux en Cagnes Hypo-Cagnes ?? NON !!! Laissez le faire de la planche à voile à fond. Soutenez-le. Et ses capacités en français histoire géo lui permettront d’attérir plus tard à l’endroit où votre enfant se sentira le mieux du monde.

On n’arrête pas le sport au profit des devoirs !
« Arrêter le sport » pour pouvoir faire plus de devoirs en seconde, 1er, Terminale : je trouve que c’est insupportable. On ne le ferait pas pour un enfant virtuose ou passionné de piano, ou de dessin, ou de théâtre.
D’ailleurs, tous les apprentissages scolaires peuvent se rattraper assez facilement si un jeune adulte est motivé par le sujet.
En revanche : aller au plus loin possible dans sa jeunesse pour le sport que l’on aime, ça ne se fait qu’une fois dans sa vie. Et ça ne se rattrape pas. Si vous arrêtez la natation à 15 ans parce que vous avez trop de devoirs (mon cas! …) vous ne retrouverez jamais le même niveau à 22 ans 23 ans une fois les études terminées.
Si vous arrêtez le foot à 16 ans pour « mieux vous préparer » au bac, vous ne retrouverez jamais votre niveau cardio une fois les études terminées.
Les 1er années d’étude doivent rester sportives
Je termine mon article sur ce sujet que je trouve scandaleux. La majorité des étudiants ne font pas de sport. Faute d’infrastructures, de moyens financiers personnel, et de clubs ouverts à leur pratique.
Je sais que c’est en train de changer, et tant mieux, mais restez vigilants en tant que parents. Le cerveau des êtres humains n’est mature qu’à l’âge de 25 ans. Avant cela, les enfants ont encore besoin d’un parent guide pour les orienter vers les meilleurs choix.
Perso je me rappelle que ma mère nous offrait tous les ans à Noël à ma sœur et moi, notre abonnement en salle de sport, lorsque nous étions étudiantes.
Mais j’aurai profité encore plus d’une équipe de natation à la fac, ou d’un projet de course à pied ou d’escalade sur le campus. A l’époque là où j’étais il n’y avait rien de la sorte. Sauf pour les Staps !
Poussez encore et toujours vos enfants à faire du sport avec un entraînement sérieux, même s’ils font des grandes études. Allez encore les voir, même à 22 ans, finir leur 1er semi marathon ou sur un match de volley inter étudiants. On est parent pour la vie, et d’autant plus dans l’accompagnement au sport. Courage à tous, ça vaut le coup !!!




