Ça fait longtemps que je voulais écrire cet article, mais j’ai été hyper occupée ces derniers temps. Entre les cours un peu partout, des évènements à gérer, des vidéos à fabriquer, les nouveaux projets à démarrer…

Mais bon, cela fait presque 1 an maintenant que je me suis faite opérer du ligament croisé antérieur droit, et je voulais vous apporter mon témoignage sur la rémission. Sur comment le sport a guéri mon genou.

Oui je trouve que le terme de rémission est mieux que guérison. Je ne suis pas sûre et certaine que l’on guérisse vraiment à 100 % d’un ligament croisé. Il y a clairement la vie avant et la vie après un ligament croisé. En tout cas chez les sportifs c’est sûr.

Opération, oui ou non ??

Quand la blessure arrive, tout de suite c’est l’interrogation. Est-ce qu’il faut ou non se faire opérer ? Parce qu’on peut vivre sans ligament croisé, et qu’il y a des exemples de sportifs qui y arrivent très bien. Donc j’avoue que j’avais un peu hésité. De toutes façons je ne pouvais pas me permettre de me faire opérer tout de suite. J’avais du travail, il fallait que j’assure quelques trucs déjà en place. Donc j’ai attendu 4 mois avant de me faire opérer.
Mon genou avait eu bien le temps de dégonfler, et j’avais fait plein de kiné pour retrouver une marche normale, et des mouvements presque normaux avec mon ligament croisé rompu.

Sauf que franchement c’était horrible. Je ne pouvais ni sauter, ni courir, ni effectuer de rotation. Je me suis sentie hyper hyper limitée et bloquée dans mes mouvements. Et franchement je rêvais de mon opération !!

Pourtant j’ai continué à mort le renforcement musculaire, le vélo, la natation pendant toute cette période. J’avais retrouvé une marche presque normale. Donc oui : c’est possible de vivre avec un ligament croisé rompu. Mais pour moi ce n’était pas possible de continuer mon métier dans ces conditions.

J’ai quand même réussi à bosser ceci dit. Genre j’avais quand même assuré la présentation d’un Fitness Master Class géant devant 150 personnes. Et même si je flippais à mort de ne pas être à la hauteur, au final ça s’était super bien passé. Mais je me sentais quand même limitée dans mes mouvements il faut le dire.

L’opération s’est bien passée et je souhaite dire toute ma reconnaissance à mon chirurgien le Dr Amzallag, et à tout le personnel de la clinique des Maussins Nollet. En 45 minutes c’était plié, je suis rentrée chez moi le soir.

Bon et clairement le 1er mois a été horriblissime. Douleurs, gonflement, glaçage permanent. Je n’ai jamais été d’aussi mauvaise humeur. Enfin si. J’ai été le pire de ma vie lors de ma blessure – arrivée si injustement !!

Bouger !!!

Mais ce qui m’a le plus fait halluciner c’est que la guérison du genou est venu du mouvement. Chez le kiné, dès la première semaine j’ai commencé à bouger. A lever ma jambe, à actionner les muscles de la cuisse. Puis dès la 3è semaine, marcher dans l’eau. Puis dès la 4è semaine faire des battements.

Et plus je bougeais mon genou, et plus je guérissais.

Au bout du 2è mois est venue la reprise douce du renforcement musculaire comme le yoga. Avec des très très légères flexions de jambes. Les premiers appuis. J’ai compris que le sport allait guérir mon genou. Si tous les exercices pour les jambes n’étaient pas faisables, j’ai misé sur ceux qui sont plus simples pour doucement augmenter la difficulté.

Mais surtout … SURTOUT !! Au 4è mois : la reprise du running.

C’est-à-dire que le jour où ton chirurgien te dit : « bon bah maintenant tu vas devoir aller recourir, ça fait partie du protocole » Tu te sens comme Neil Armstrong qui va faire un petit pas pour l’homme !!!

Du coup, cela faisait 8 mois que je n’avais pas couru – depuis le jour de ma blessure. Et là j’ai remis mon short, mes chaussettes de compression, ma brassière, mon débardeur, mes baskets de oufs. Et là : j’ai couru 5 minutes !! Péniblement de fou !! La déception. Mais c’est pas grave, j’avais couru.

4 jours après : j’ai couru 8 minutes. Puis 15 minutes. Et au bout de 3/ 4 semaines je courrai déjà 30 minutes, 5- 6 km !!! Non mais le rêve !! En fait : courir permet de guérir. Bouger, faire du sport permet de guérir. Ça reconstruit le muscle, ça le symétrise, ça fait circuler les fluides autour des articulations. Le sport a guéri mon genou.

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Tout comme le yoga Bikram. Aujourd’hui pour moi le Bikram c’est comme une séance de kiné. Je préfère. J’y vais tranquille, et je prends la séance comme ça. Comme une petite progression de mon organisme et de mon genou au fur et à mesure.

Aujourd’hui : je suis en rémission. J’ai fait la verticale Tour Eiffel, j’ai fait la Tour First Vertigo, je cours 13 – 14km sans me faire mal même en trail. Je nage la brasse à nouveau. Je peux danser.

Mais j’ai encore quelques limites physiques. Je ne peux toujours pas m’asseoir sur mes talons. Je ne suis pas encore à l’aise accroupie. Certaines rotation de genou sont encore un peu instables.

Faire confiance au sport pour se guérir

Et surtout j’ai peur. On dit souvent qu’il faut 1 an pour guérir son genou, 1 an de plus pour que le cerveau comprenne que la jambe n’est plus blessée.

Et j’en suis là ! Je flippe encore beaucoup ! Les sauts, les enjambements, les réceptions … C’est encore bancale. Mais c’est le sport là aussi qui va m’aider. La course sur terrain accidentée, réapprendre à sauter et à se réceptionner …

Voilà c’est mon expérience. Et je voulais surtout vous la raconter pour que vous aussi, le jour où vous êtes blessés : puissiez croire au sport pour vous guérir. Parce que le corps humain est fait pour bouger. Et peu importe où l’on ait mal : il ne faut surtout pas arrêter de bouger.

Mal au dos, mal aux genoux, mal à la nuque : il est vraiment nécessaire de faire confiance au mouvement pour se guérir. Doucement, sans ambition de compétition. Juste retrouver du plaisir à bouger et à retrouver de la vie dans son corps – même blessé. S’arrêter de bouger totalement, c’est encore pire.

Parce qu’au final : oui le sport peut blesser. Mais la sédentarité tue. C’est le jeu. On a tous un jour où l’autre une blessure ou un problème physique. Le fait d’apprendre à se réparer permet de mieux se connaître, et de reprendre confiance en soi, en son corps.

J’en profite pour vous remercier pour tous vos messages d’encouragements qui m’ont portées lors de mes différentes épreuves physiques ces derniers mois. Merci.