La chrononutrition fait maigrir, surtout parce qu’on mange très peu le soir. Elle a de vraies qualités, un goûter réhabilité, des repas structurés, et de vrais défauts : du fromage au petit déjeuner, des protéines animales deux fois par jour, une rigidité difficile à tenir en famille. Je la connais bien, des proches et d’anciens coachés l’ont suivie avec des résultats. Voici le principe, ce qui marche, les dangers, pour qui c’est adapté, une journée type, et ce que je propose à la place.
La chrononutrition en 5 lignes
Mise au point par le docteur Alain Delabos, la chrononutrition part d’une idée : le corps n’assimile pas les aliments de la même façon selon l’heure. On mange donc gras le matin (fromage, beurre, pain), dense le midi (viande ou poisson et féculents), sucré au goûter (fruits, chocolat, oléagineux) et très léger le soir (poisson ou viande maigre et légumes, parfois rien). Les portions sont indexées sur la taille, pas sur le poids, ce qui explique les menus « pour 1 m 60 » ou « pour 1 m 70 » que vous voyez circuler. Aucun aliment n’est interdit ; ce qui compte, c’est le moment.

De nombreuses personnes m’ont posée des questions sur la chrononutrition récemment. Coïncidence ou regain de mode ?
C’est un régime que je connais assez bien puisque plusieurs membres de ma famille l’ont testé avec d’assez bons résultats.
Quelques uns de mes coachés l’ont aussi choisis pour mincir il y a quelques années, avec beaucoup de succès je dois l’avouer.
Voici juste un ou deux commentaires sur cette méthode qui, comme tout, n’est pas forcément parfaite.
D’ailleurs rien n’est jamais parfait dans la vie.
Ce qui marche dans la chrononutrition
La plus grande force de la chrononutrition, c’est sans hésiter la diminution des portions le soir. Et oui car avec la méthode Delabos (l’inventeur de la chrono), on mange peu le soir. Et donc forcément ça marche, les résultats sont au rendez-vous.
J’aime aussi que le goûter dans l’après midi soit réhabilité, pour tenir le coup et éviter les fringales. D’autant plus que pour la majorité des sportifs qui pratiquent le soir, c’est indispensable pour tenir sa séance et ne pas se jeter sur n’importe quoi en revenant à la maison.
Les limites et les dangers
Premier aspect qui me choque dans la chrononutrition, c’est l’overdose de fromage le matin. Alors ça… je ne comprends pas. Déjà, bonjour les flatulences !! Et puis surtout c’est immonde le fromage le matin ! Triple BEURK !!
Enfin bon, là je parle pour moi, mais je ne peux jamais m’enlever l’image de Romain Duris dans l’Arnacoeur qui s’enfile son roquefort au petit déj… Quelle horreur. Je suis morte de rire rien qu’en écrivant ces mots !!
Je conseille plutôt d’opter pour le vrai bon beurre ou pour les « lactoses freak » (comme moi) de la purée d’amande ou de noix de cajou. C’est plus digeste que ce qui est proposé dans le régime, plus sain pour la planète aussi et très riche en calcium.
De la viande ou du poisson 2 fois par jour. C’est beaucoup trop. Ecologiquement parlant, ce n’est pas viable pour la planète de manger de la viande ou du poisson à chaque repas. De nombreuses études le prouvent, il faut réduire notre consommation de protéines animales, comme le préconise Anthony Fardet, Chercheur en alimentation préventive, durable et holistique.
C’est d’ailleurs ce que je préconise dans mon programme rééquilibrage alimentaire.
L’association viande + féculents le midi. Ça ne convient pas à tout le monde sur le plan digestif, et peut donner des ballonnements, des inconforts… Donc si vous avez l’impression que vous faites partie de cette catégorie « digestion difficile », essayez plutôt viande ou poisson + légumes. Ou légumineuses + céréales + légumes le midi. Genre riz + lentilles + légumes. Ou petits-pois + riz brun + légumes…
Pour qui c’est adapté, pour qui ça ne l’est pas
Ça peut convenir à quelqu’un qui aime les cadres précis, qui mange déjà beaucoup le soir et rien le matin, qui digère bien le fromage et la viande, et qui vit seul ou en couple sans repas de famille le soir. La structure remet de l’ordre, le goûter évite les fringales, et le dîner léger fait descendre la balance.
Je la déconseille aux personnes ayant ou ayant eu un trouble du comportement alimentaire, à qui toute méthode à horaires et portions imposés donne une légitimité à la restriction. Aux femmes enceintes ou allaitantes. Aux diabétiques sans suivi médical. À celles et ceux qui digèrent mal les graisses saturées ou la viande. Aux sportives qui s’entraînent le soir : un dîner de légumes après une séance dure, c’est la fringale de 23 h assurée et une récupération ratée. Et à toutes les familles qui dînent ensemble : la méthode ne survit pas longtemps à un enfant qui mange des pâtes en face de vous.
Un exemple de journée type, et ce que je changerais
| Repas | Chrononutrition | Ce que je ferais à la place |
|---|---|---|
| Petit déjeuner | Fromage, pain, beurre, sans sucre ni fruit | Pain complet, beurre ou purée d’amande, un fruit frais, une boisson chaude |
| Déjeuner | Viande ou poisson, féculents, pas de légumes ni de dessert | Légumes pour la moitié de l’assiette, un quart de féculents, un quart de protéines, animales ou végétales |
| Goûter | Chocolat noir, fruits secs, oléagineux, un fruit | Le même, c’est le meilleur moment de la méthode |
| Dîner | Poisson ou viande maigre et légumes, très peu, ou rien | Légumes, un peu de féculents, des protéines, en quantité modérée. Le dîner reste un repas, et un moment de partage |
Vous voyez la différence : je garde la structure et le goûter, je remets des légumes le midi, des fibres le matin, et un vrai dîner. On perd un peu moins vite. On tient toute sa vie.
Mon avis en une phrase, et l’alternative
En bref, oui la chrononutrition ça peut marcher. Surtout parce que les quantités sont réduites le soir.
Mais le soucis, c’est plus de s’y tenir à vie. Est-ce que c’est vraiment durable de ne presque pas manger le soir en famille ? Perso je trouve ça trop difficile, c’est d’ailleurs pour ça que je pratique le jeune intermittent plutôt le matin, sur le petit déjeuner.
Questions fréquentes
Combien de kilos perd-on en un mois avec la chrononutrition ?
Souvent 2 à 4 kilos le premier mois, surtout de l’eau et grâce au dîner très léger. Ensuite ça ralentit, comme avec toute méthode, et tout dépend de la capacité à tenir. Le vrai sujet n’est pas le premier mois mais le douzième : ce qu’on a perdu vite avec une méthode qu’on abandonne revient.
Le fromage le matin, c’est vraiment obligatoire ?
Dans la méthode, oui, c’est le principe des graisses le matin. Pour moi, non : c’est lourd à digérer, ça donne des ballonnements, et ce n’est pas la meilleure graisse pour commencer la journée. Du beurre sur du pain complet ou de la purée d’oléagineux apportent la même satiété avec un fruit en plus.
La chrononutrition est-elle compatible avec le sport ?
Avec du sport le matin ou le midi, oui, le déjeuner dense sert de carburant. Avec des séances le soir, non : un dîner de légumes seuls après l’effort ne permet pas de récupérer et provoque des fringales. Dans ce cas, gardez des féculents et des protéines au dîner, méthode ou pas.
Quels sont les dangers de la chrononutrition ?
La rigidité, qui pousse à l’abandon ou à l’obsession ; l’excès de graisses saturées le matin et de protéines animales sur la journée ; le manque de légumes et de fibres à certains repas ; et pour les personnes fragiles avec la nourriture, un cadre qui légitime la restriction du soir. Rien de dramatique pour quelqu’un en bonne santé qui l’essaie quelques semaines, mais ce n’est pas une façon de manger à vie.
Quelle alternative à la chrononutrition pour maigrir ?
Un rééquilibrage alimentaire : de vrais aliments, l’assiette en trois quarts à chaque repas, un goûter si besoin, un dîner normal, et le temps de perdre lentement. C’est ce que je pratique et ce que je donne à mes membres depuis plus de dix ans, sans compter ni peser. Le guide complet est dans ma méthode de rééquilibrage.




